À Brest, l’entreprise familiale Autodistribution Fichou, spécialisée dans la vente de pièces auto, fête son centenaire en 2026. Gwen Fichou, à sa tête depuis 2014, perpétue l’héritage tout en le développant.
Cent ! C’est le nombre de bougies que soufflera, en cette fin d’année, l’entreprise brestoise familiale Autodistribution Fichou, qui vend des pièces auto, poids lourds mais aussi pour la marine et l’industrie. Née rue Yves-Collet, au centre-ville de Brest, en 1926, sous le nom de « Comptoir breton de la pièce détachée », la société est devenue, au fil des générations, une grosse PME finistérienne de 210 salariés.
Une histoire mouvementée
Le fondateur, Joseph Fichou, ancien apprenti chez un réparateur d’engins agricoles, avait appris la mécanique automobile pendant la Première Guerre mondiale. C’est à l’âge de 30 ans qu’il s’est lancé à son compte, dans une petite boutique de 20 m².
La dynamique de son entreprise sera cependant cassée nette avec la guerre.
« Il a été déporté au camp de Sachsenhausen, en Allemagne, car il refusait de vendre des pièces aux Allemands », raconte Gwen Fichou, actuelle dirigeante de l’entreprise. La famille apprendra sa mort le 31 mars 1945, sans connaître les circonstances.
En septembre 1945, son fils aîné André prend les rênes. Plus tard, il sera rejoint par ses deux frères, Jean, Paul et Joseph, mais pas par ses deux sœurs.
L’entreprise change ensuite de nom pour devenir la SADS (Société armoricaine d’outillage spécialisé). Elle emploie alors 30 salariés et déménage, en 1965, rue de Grasse, dans le quartier de Kerichen.
En 1978, les dirigeants choisissent de rejoindre le réseau Autodistribution comme indépendants, juste avant une nouvelle transmission. La troisième génération arrive aux commandes au début des années 1980 avec le fils de Jean : Pierre Fichou.
Sous l’impulsion de ce dernier, Autodistribution Fichou prend une dimension départementale avec des agences à Morlaix (2000), Carhaix et Quimper (2013).
La sécurité des salariés comme priorité
Mais en février 2014, Pierre Fichou meurt tragiquement dans un accident de ski en Haute-Savoie. Alors que, jusque-là, la saga entrepreneuriale se déroulait de père en fils, c’est Gwen Fichou, sa veuve, qui doit reprendre le flambeau.
« Hyper pragmatique », la petite-fille du garagiste de Plougonvelin arrive dans l’entreprise quelques semaines après l’accident pour diriger l’entreprise.
« J’ai eu vachement de chance : les salariés m’ont suivie. Les clients étaient aussi très attachés à Pierre, ils sont restés. Ils ont vu que je tenais la route. »
La nouvelle cheffe d’entreprise s’attelle en priorité à la sécurité et aux conditions de travail de ses salariés.
« Je suis très à cheval là-dessus », insiste-t-elle. Acoustique, éclairage et température ont été retravaillés.
« J’aime bien aussi que tout soit rangé à sa place. Je gère l’entreprise en bonne mère de famille », sourit Gwen Fichou.
Mais la dirigeante ne s’est pas contentée de gérer. Elle a aussi développé l’entreprise, passant de 120 à 210 salariés et de 18 M€ à 42 M€ de chiffre d’affaires.
Dès 2015, elle a lancé un investissement de 14 M€ pour un nouveau site à Quimper.
En 2020, AD Fichou a construit un atelier poids lourds tout neuf à Guipavas (29), de 15 000 m², pour 3,5 M€.
Des investissements à venir à Brest et Carhaix
Et ce n’est pas fini. « Je n’arrête pas », commente-t-elle. Des travaux doivent encore être réalisés sur le site de Brest et d’autres projets sont envisagés pour poursuivre le développement de l’entreprise familiale.